|
Nous y voilà, tel un éternel recommencement : le temps des vacances ! Mais je ne sais pas pourquoi, ça n'a plus forcément le petit goût excitant de mon enfance où ces deux mois d'été représentaient une parenthèse enchantée totalement parfaite. Tout semblait différent. Tout semblait mieux.
J'adorais d'abord la kermesse de fin d'année dans mon école de campagne, premier signe incontournable des grandes vacances qui s'annonçaient. Puis la préparation du moindre bagage m'occupait des semaines à l'avance, j'organisais la banquette arrière de la voiture en prévision de longs trajets avec oreillers, couvertures et une multitude de petits objets rassurants, je me faisais cuire des heures au soleil en guettant chaque nuage qui ferait tomber l'ambiance, mes parents invitaient des amis pour de longues soirées estivales dont j'adorais le climat joyeux et léger, on visitait des châteaux forts, on pique niquait dans des chemins perdus, on allait à des concerts où je m'endormais sur les genoux de ma mère. J'aimais ces ambiances de chaleur intense qui nous bloquaient dans la maison des après-midi entières, derrière les volets entrouverts, j'aimais les baignades et les jeux avec mes cousines parisiennes. J'aimais même les devoirs de vacances et la préparation de la rentrée...
Alors pourquoi aujourd'hui cette étrange sensation que le temps n'est jamais aussi beau, que la légèreté des vacances est plombée par les petits problèmes du quotidien, de la vie en général, qu'on arrive plus à déconnecter, à s'évader, à s'abandonner ?
Pourquoi ? L'âge bien sûr, moins d'insouciance, plus de gravité, d'inquiétudes. Mais aussi les parcours de vie, l'appréhension de l'avenir, la difficulté à se réjouir d'un rien, à se satisfaire du présent, à profiter, à positiver. Et l'état du monde, si peu réjouissant.
Et pourtant, qu'est-ce qui a vraiment changé ? Rien. Dans les années 70, il y avait déjà des crises, du chômage, des catastrophes, de la misère, du racisme, du fascisme, des doutes, des peurs. Mais dans les années 70, j'étais une enfant. Voilà ce qui a changé. Tout cela ne serait-il donc qu'une question de perception ?
Et vous ? Parlez-nous de ce "temps des vacances" au goût si spécial ? De vos émotions, vos souvenirs et vos sensations estivales. Racontez-nous, écrivez-nous. Votre perception nous intéresse.
Catherine Pouplain
|